Message des Evêques du Congo sur le processus électoral 2009

 

 

 

 


Conférence Episcopale du Congo

B.P. 200  Tél. 663.83.91

Brazzaville – République du Congo

 

 

                                                        

 

 

MESSAGE DES EVÊQUES DU CONGO

SUR LE PROCESSUS ELECTORAL 2009

                         

« N’ayez pas peur » !

 

                                        

 

Frères et Sœurs dans le Christ,

Hommes et Femmes de bonne volonté !

 

                                                                              

 

1. A l’aube de cette Année Nouvelle, Année des élections présidentielles dans notre pays, nous vous présentons nos vœux fervents de paix, ainsi que ce chaleureux message d’espérance, en vous invitant, électeurs/trices, à participer activement au processus électoral par un vote conscient, clair et libre. Nous le faisons en proposant à la réflexion commune l’invitation  par laquelle les Souverains Pontifes, le Pape Jean-Paul II, d’abord, puis le Pape Benoît XVI ensuite, ont inauguré leur Ministère :

                                                           

« N’ayez pas peur » !

                                                           

2. Dans cette perspective, nous demandons que ces élections soient vraiment libres, justes et transparentes et que l’Organe chargé de les préparer, de les organiser et d’en publier les résultats soit aussi vraiment libre, juste et indépendant.

                                       

3. Nous sommes en démocratie. Voter est un acte libre et un droit dont bien de citoyens dans le monde de ce temps ne jouissent pas. Chacun d’entre nous bénéficie d’une égale dignité et d’une égale souveraineté. Aussi, devant la diversité des programmes de société, notre vote doit-il être précédé d’une réflexion qui nous permette de définir la société que nous voulons pour les années à venir : une société plus  juste et plus fraternelle.

                                                                                                                                                                       -/-

4. Il revient à chaque électeur/trice d’évaluer les capacités des candidats, chacun selon son programme de société, en vertu de leur aptitude pour la bonne gouvernance, leur honnêteté morale dans la gestion des biens publics et leur respect pour le caractère sacré et inviolable de la vie humaine. Nous sommes tous appelés à faire en sorte que la campagne électorale puisse se dérouler dans un climat de paix véritable, sans aucun recours à la violence physique ou psychologique.  Il revient aux candidats de respecter les valeurs de la vérité, du réalisme, de la tolérance et de la paix, avant, pendant et après les élections.

                                                                                       

5. Face à ces enjeux politiques, « l’Eglise n’a pas de solutions techniques (…) elle ne propose pas de système ou de programmes économiques et politiques, elle ne manifeste pas de préférence pour les uns ou pour les autres, pourvu que la dignité de l’homme soit dûment respectée et promue » [Pape Jean-Paul II, Lettre Encyclique « Sollicitudo Rei Socialis », n. 41, du 30 décembre 1987].

                                            

6. La Doctrine sociale de l’Eglise qui s’inspire de l’Evangile constitue notre référence. Elle nous conduit à promouvoir les principes qui fondent notre être social et qui doivent inspirer tout programme politique, parmi lesquels : la paix, la vérité, la liberté, la justice, la solidarité, le respect de la vie, du bien commun et de l’environnement.  

                                        

7. En effet, « l’Eglise ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible. Elle ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’Etat. Mais elle ne peut ni ne doit non plus rester à l’écart dans la lutte pour la justice. Elle doit s’insérer en elle par la voie de l’argumentation rationnelle et elle doit réveiller les forces spirituelles sans lesquelles la justice, qui requiert aussi des renoncements, ne peut s’affirmer ni se développer » [Pape Benoît XVI, Lettre Encyclique « Deus Caritas est », n° 28, du 25 décembre 2005].

                                                        

8. Nous exhortons tous les acteurs politiques à éviter toutes paroles et attitudes provocatrices, susceptibles de créer des tensions inutiles ou d’accroître la méfiance, la confrontation et de provoquer des déchirures sociales. Que l’on se garde par exemple de proclamer son candidat vainqueur avant même la tenue des élections, car en démocratie, tous les candidats se valent et doivent bénéficier des mêmes chances et opportunités.

                                                  

9. Du reste, l’intérêt pour l’acteur politique ne concerne pas le seul moment du vote. Une information franche et sérieuse à l’adresse des électeurs/trices est nécessaire et obligatoire. L’instance de régulation des médias doit jouer pleinement son rôle. Le citoyen congolais est en droit d’attendre des hommes et des femmes politiques, et particulièrement des candidats, un effort de vérité, face aux effets néfastes d’une médiatisation où le slogan masque souvent la complexité des analyses de situations, où les intrusions dans la vie privée remplacent quelquefois l’énoncé d’un programme politique. Il est en droit surtout d’exiger de leur part un engagement ferme et lucide, pour résoudre le drame de la détresse socio-économique dans laquelle est plongée la grande majorité de nos concitoyens.  Le débat est essentiel et à encourager. Un chrétien n’a pas à en avoir peur, car la démocratie, pour vivre, a besoin que chacun puisse exprimer son avis et l’exprimer librement et effectivement sans être inquiété.

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10.  Au seuil de cette année décisive pour l’avenir de notre pays, nous réitérons cette invitation : « N’ayez pas peur » ! Oui, n’ayez pas peur de servir la Nation selon les valeurs de l’Evangile et donc de vous ouvrir au Christ. C’est dans cet esprit seulement que se dévoilent réellement à nos yeux les grandes potentialités de la condition humaine, afin de voir en tout homme, un frère avec qui construire la nation, sans préjugés. Dieu donne tout, c’est-à-dire, la liberté de cœur et d’esprit et la capacité de changer les choses. Il n’a pas créé le monde pour que les hommes y soient malheureux. Le destin de notre pays est aussi entre nos mains.

                                                                                    

« N’ayez pas peur » !

                                                                                 

 

 

                                                                                       

Fait à Brazzaville, le 02 février 2009,

                          

en la Solennité de la Présentation du Seigneur au temple.

 

 

 

                                                   

 

 

 + Mgr. Louis PORTELLA MBUYU                              + Mgr. Anatole MILANDOU

  EvêquedeKinkala                                                       Archevêquede Brazzaville                                                                  

  Administrateur Apostolique d’Owando           

  Président de la C.E.C.

 

                                                                                                                                                                                       

 

 

 

  + Mgr. Jean-Claude MAKAYA LOEMBA                   + Mgr. Daniel MIZONZO

     Evêque de Pointe-Noire                                               Evêque de Nkayi

 

 

                                                                                                        

 

 

 

  + Mgr. Yves Marie MONOT                                        + Mgr. Jean GARDIN

     Evêque de Ouesso                                                       Préfet Apostolique de la Likouala