Courir après le Christ ressuscité

 

Courir après le Christ ressuscité (Dimanche de la Résurrection - Pâques -, Année C)

 

Textes : Ac 10, 34a.37-43 ; Ps 117 (118) ; Col 3, 1-4 ; Jn 20, 1-9

 

Le plus  grand et le plus beau jour de tous les temps se lève sur le monde, chassant les restes de l’obscurité  qui a recouvert la terre depuis le vendredi, où Jésus de Nazareth a été crucifié et a offert sa vie par fidélité à Dieu son Père dont il fait la volonté, par fidélité aussi à l’humanité pécheresse qu’il  aime jusqu’au bout. Ce jour c’est Pâques, aujourd’hui, résonnant des « alléluia », des chants de victoire de la vie sur la mort : Christ est vivant, il est ressuscité !

1- Dieu répond au cri du crucifié

Ce jour de Pâques ne se reçoit pleinement qu’en lien avec les événements du vendredi saint ; la mort de Jésus a semblé signifier la victoire du prince de ce monde et de ses attributs : mensonge, injustice, violence, meurtre... Celui qui ne faisait que le bien partout où  il passait a été broyé par la machine hideuse du mensonge qui se sert de la violence dans le but de faire taire à jamais la vérité. Et Jésus est le témoin de cette vérité ; lors de son procès dont la cause est déjà entendue, il proclame devant Pilate qui lui demande s’il est roi : « Je suis né et je ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » (Jn 18, 37b). Jésus se présente par ailleurs comme la Vérité : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, personne ne va vers le Père sans passer par moi. » (Jn14, 6).

 

Les chefs des prêtres et les pharisiens, qui voyaient leur influence sur le peuple menacée par cet homme qui parle et agit avec autorité, ont décidé de faire taire la Vérité et de tuer la Vie en s’abritant derrière le pouvoir de l’empereur romain. Ils semblent avoir réussi leur coup puisque Jésus meurt sur la croix sans que Dieu, qu’il appelait son Père, réponde à son cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt2 7, 46). Mais  comme le dit cet adage courant de chez nous, Dieu ne dort pas (Nzambi ka bua ka tolo ko), surtout devant la fidélité et l’obéissance du Juste souffrant : Dieu, au matin de Pâques, vient de relever Jésus de la mort ; la mort n’est plus l’absurde qui enlève à la vie son élan d’éternité.

 

L’apôtre Paul, méditant sur le mystère de la personne du Christ, nous fait entrer dans la contemplation de la réponse que le Père donne au Fils qui s’est donné entièrement à l’humanité pécheresse par obéissance : « Devenu semblable aux hommes et reconnu à son aspect comme un homme, il s’est abaissé jusqu’à la mort, à la mort sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui surpasse tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre et que toute langue proclame que Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père ».

 

2- Saisir le Christ et se laisser saisir par lui

 

Quand nous célébrons la fête de Pâques, prenons garde à ne pas oublier que la résurrection de Jésus concerne notre humanité pécheresse au premier chef. En effet, Christ ressuscité nous entraîne dans son élan de vie éternelle pour que nous aussi nous ressuscitions avec lui, non seulement après notre mort, mais dès maintenant en accueillant le don de l’Alliance nouvelle qui fait de nous des êtres renouvelés : « Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ...Tendez vers les réalités d’en haut, et non pas vers celles de la terre. En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée en lui. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire » (Co l3, 1-4).

 

Tendre vers les réalités d’en haut, c’est courir après le Christ pour le saisir afin que sa vie donnée sur la croix, dans le pain et le vin de l’eucharistie, dans la communion fraternelle et la prière, nous habite et nous donne la force de marcher au milieu des épreuves que nous traversons, car Jésus n’a pas supprimé la souffrance, mais nous croyons qu’avec lui, l’humanité a le remède contre les maux qui l’assaillent : seuls l’amour et le don total à l’endroit de ceux qui nous entourent peuvent vaincre la violence, le terrorisme, la faim, la pauvreté, la solitude...

 

Comme Marie-Madeleine, Pierre et Jean au matin de Pâques, nous aussi engageons-nous dans la course après le Christ ressuscité, comme d’autres courent après l’argent malhonnête, les plaisirs artificiels, le pouvoir tyrannique... Nous n’aurons pas couru longtemps que le Christ se retournera pour nous saisir, comme il a saisi ces adultes baptisés dans la nuit de Pâques qui disent leur joie d’être devenus frères et sœurs de Jésus, recevant de lui la mission de passer partout en faisant le bien. Le Christ va nous saisir pour qu’à notre tour, ayant reçu le témoignage des apôtres qui ont annoncé Jésus mort et ressuscité au mépris de leur propre vie,  nous proclamions par toute notre vie de baptisés que Christ ressuscité vit en nous.

 

 

Abbé Olivier MASSAMBA-LOUBELO