La royauté du Christ est amour et service

 

 La royauté du Christ est amour et service (Solennité du Christ Roi de l’univers – Année B)

 

Textes : Dn 7, 13-14 ; Ps 92 ; Ap 1, 5-8 ; Jn 18, 33b-37

 

Chers frères et sœurs,

 

La liturgie de ce dernier dimanche de l’année B nous invite à découvrir/redécouvrir le sens de la royauté qu’annonce Jésus, qui nous dit aussi son origine. En effet, Jésus dit que « Ma royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs » (Jn18, 36). Si la royauté du Christ n’est pas de ce monde, notre préoccupation n’est pas de savoir de quel monde elle est, mais plutôt quel en est le sens ?

 

Pour le savoir, d’une part, les textes bibliques de ce jour mettent en exergue, les visions de Daniel qui nous révèlent un Dieu rassembleur, proche de son peuple, de tous les peuples, de toutes les nations et de toutes les langues. Sa domination n’est pas synonyme d’écrasement de l’autre ou du faible, mais elle nous renvoie à ces deux vertus que sont l’amour et le service. C’est ce que le Fils de l’Homme est venu justement révéler aux hommes. Sa royauté et sa souveraineté se découvrent donc dans l’amour qu’il a manifesté aux hommes jusqu’au sacrifice suprême de sa vie. Il s’est sacrifié non seulement pour ceux et celles qui ont accepté, et acceptent de le suivre, mais pour tout le genre humain, « Même pour ceux qui l’ont transpercé », souligne l’Apocalypse. 

 

D’autre part, l’évangile nous fait découvrir le sens de cette royauté de Jésus à travers l’interrogatoire que Pilate voulait lui faire subir, lui, le futur condamné.  En effet, à la question, « es-tu le roi des Juifs ? », Jésus ne répond pas oui, ou non, mais déclare que sa « royauté ne vient pas de ce monde ». Si elle l’était, « des gardes se seraient battus » pour qu’il ne soit « pas livré aux Juifs ». Sa royauté se découvre dans le témoignage qu’il rend à la vérité. Cette vérité s’est révélée, en fin de compte, sur le gibet de la croix, lorsque l’officier romain et certains soldats, qui étaient là, déclarèrent, après que Jésus a expiré : « Il était vraiment le Fils de Dieu… certainement cet homme était bon » (Mt 27, 54 ; Luc 23, 47).

 

Oui, cette royauté se découvre et se comprend dans ce Dieu proche des siens, qui se préoccupe de ses brebis, « comme un berger (qui) veille sur celles qui sont dispersées » dans le pâturage. Un Dieu qui n’est pas assis sur son trône, lequel serait inaccessible. Au contraire, il se révèle comme un « Dieu avec nous » (Isaïe 7,14), qui s’incarne non pas comme un Roi à l’image des rois de ce monde, mais comme un Roi humble et souffrant. C’est ce roi dont Zacharie chante : « Exulte de toutes tes forces, filles de Sion !... Voici ton roi qui vient vers toi : il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne, un âne tout jeune » (mais pas dans une limousine) (Za 9, 9). Il s’agit de ce Dieu roi, qui a accepté volontiers de monter à Jérusalem, non pas pour faire preuve de sa toute puissance, mais pour souffrir, non pas de la part des brigands mais « des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, (et) être tué, » (Mt 16, 21).

 

Oui, nous célébrons ce jour, ce « roi berger » qui nous aime tous au même pied d’égalité, mais qui nous dit que chacun sera récompensé ou rétribué en fonction de l’amour qu’il aura manifesté à l’égard de son prochain. Ce prochain, c’est celui qui a faim ou soif, ou encore qui est nu ou malade. Il peut aussi être celui qui n’est pas en manque de nourriture mais d’un petit bonjour, d’un sourire, d’un regard. Ce prochain, c’est toi, c’est moi, c’est chacun de nous, parce que tous, nous pouvons manquer de quelque chose, même dans notre abondance, car notre manque peut s’appeler solitude, stress, désœuvrement, absence de logis, ignorance, égoïsme, inattention à l’autre, étranger…

 

Aujourd’hui, Jésus nous rappelle que tous ceux qui sont en état de manque ou de besoin le représentent. Et chaque fois que nous aurons la joie et le plaisir de donner un peu de notre temps, de partager un peu de notre sourire, un peu de notre attention à l’autre, c’est à lui, Jésus, que nous l’aurons fait. Que ce temps de l’Avent, qui pointe à l’horizon, nous aide à témoigner davantage de cette royauté, qui devrait se manifester dans l’amour que nous aurons les uns pour les autres.

 

Abbé Charles MABIALA PAMBOU