Joie de croire, joie d’aimer

 

Joie de croire, joie d’aimer (5e Dimanche de Pâques – Année B)

Textes : Ac 9, 26-31 ; Ps 21 (22) ; 1 Jn 3, 18-24 ; Jn 15, 1-8

La Parole de Dieu proclamée en ce 5e dimanche de Pâques est un appel à unifier notre vie chrétienne autour des deux pôles que sont la foi et l’amour, de telle sorte que nous ne soyons pas des croyants seulement en paroles  mais aussi en actes, irrigués par l’amour de Dieu et de nos frères.

Aimer en vérité

Dans sa première lettre, Saint Jean met l’accent sur l’essentiel de l’enseignement du Christ : aimer, pas de n’importe quelle façon, pas par des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. Rappelons-nous la manière dont Jésus secoue son auditoire qu’il invite à plus de vérité dans la foi en Dieu, quand il raconte l’histoire des deux fils à qui leur père demande d’aller travailler à son champ ; le premier dit «non» mais il se ravise et il y va ; le second dit allègrement « oui », mais il n’y va pas du tout. Et Jésus de poser à la foule la question de savoir lequel des deux a fait la volonté de son père ; bien évidemment le premier, répond l’auditoire (Mt 21,28-31). En effet, ce ne sont pas ceux qui disent « Seigneur, Seigneur » qui entreront  dans le Royaume de Cieux, mais y entreront ceux qui font la volonté de Dieu (Mt 7, 21).  C’est dans cette optique que nous pouvons accueillir le commandement de Dieu que Saint Jean nous rappelle : « mettre foi dans le nom de son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé » (2e lecture), croire et aimer en vérité.

Aimer en vérité, ce n’est pas avoir nécessairement un penchant affectif envers les personnes qui vivent avec nous ou que nous rencontrons ; chacun de nous a ses affinités et ses blocages. Mais ce que Dieu attend de nous, c’est que nous ayons du zèle à servir les autres, non seulement à vouloir leur bien mais à le réaliser quand cela est dans nos moyens. Dieu qui connaît toutes choses sait mieux que nous-mêmes les limites de notre générosité dans le service ; ce ne sont pas nos limites qui l’intéressent, mais les pas que nous effectuons pour aller au-devant des autres, comme Jésus, le bon Samaritain, par excellence, qui faisait le bien partout où il passait.

Etre en communion avec Jésus

Mais comment nourrir notre foi et aimer en vérité si nous ne recevons pas la Force venue d’en-haut, le Saint Esprit ? La foi et l’amour sont deux cadeaux que Dieu nous fait par l’Esprit que Jésus a promis de nous envoyer une fois qu’il serait assis à la droite de Dieu. L’Esprit de Jésus, nous le recevons quand nous sommes en communion avec lui. C’est pourquoi Jésus veut que nous demeurions en lui, le tronc, pour que nous, les branches, soyons irrigués de sa sève, le Saint Esprit. Avez-vous vu une branche coupée du tronc porter des fruits ? « …en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire ». Quels sont les moyens ou les voies à notre disposition pour que cette communion vivifiante soit permanente ?

Il y en a au moins quatre qui ont fait leurs preuves depuis la naissance de l’Eglise : la Parole de Dieu, la prière, la communion eucharistique et la communion fraternelle. Parole de Dieu comme lumière sur nos pas, qui éclaire nos choix dans une société où nous sommes tentés de vouloir faire comme tout le monde, face à l’abus de pouvoir, à la soif effrénée et à l’acquisition malhonnête des biens matériels, à la violence, aux procès en sorcellerie… La Parole balise le chemin, plante les repères pour que nous marchions dans la justice et la vérité.

La prière, Jésus  la recommande à ses amis : « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation » ; elle est ce qui décuple notre énergie spirituelle, comme font les makubungu, dans la culture koongo, sur la force physique.  Grâce à elle, le malin ne fera pas de nous ses jouets. 

 La communion eucharistique à propos de laquelle Jésus dit : « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle » ; veillons et travaillons à lever les obstacles qui nous empêchent de manger la chair du Fils de l’homme. Et quand nous communions au corps et au sang du Christ, que cela ne soit pas un geste machinal ou banal, mais une démarche de foi et d’humilité, car c’est Dieu lui-même qui se donne en nourriture à nous qui ne sommes pas dignes de le recevoir.                                                                                                                                

La communion fraternelle ou le « sacrement du frère », que Jésus exalte dans l’enseignement du jugement dernier : « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous…car j’avais faim et vous m’avez donné à manger… Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 31-46). Cette voie est accessible à tous, elle mène sûrement à Dieu même si on ne sait pas le nommer. Et quand on commence à aimer, on cultive encore plus le désir d’aimer qui ne s’éteint pas dans les cœurs purs.

Quelle joie ! Nous sommes divinisés puisque, par chacune de ces quatre voies, nous avons part à l’Esprit Saint. N’ayons donc pas peur devant l’adversité ; grâce à Jésus Ressuscité, nous sommes forts pour apporter notre pierre à l’édifice de la justice et de la paix dans notre quartier, notre village et notre pays qui en ont tant besoin.

 

Abbé Olivier MASSAMBA-LOUBELO